Résumé : l’évaluation en aide à l’apprentissage

M. Laurent Demers, agent de développement pour le renouveau en FGA Montérégie, a présenté ce 14 mai 2012, l’évaluation en cours d’apprentissage, une conférence basée sur l’atelier du même titre qu’il a offert à plusieurs occasions en Montérégie et notamment lors du dernier congrès de l’AQIFGA.

Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, dans la Politique d’évaluation des apprentissages, présente une vision commune de l’évaluation des apprentissages pour la formation générale des jeunes, la formation générale des adultes et la formation professionnelle. La politique s’inscrit naturellement dans la foulée des nombreux changements dans le monde de l’éducation depuis la tenue des États généraux sur l’éducation en 1996. Cette politique comporte 10 orientations pour guider l’évaluation qui, selon le MELS, doit être « au service de l’élève en vue de lui permettre de réaliser des apprentissages qui contribueront à son plein développement intellectuel, affectif et social, et ce, quels que soient ses capacités ou ses besoins particuliers » .

L’évaluation en cours de formation doit être intégrée à la dynamique des apprentissages de l’élève . Voilà la première orientation de la politique. Dans cette optique, « l’élève n’apprend pas pour être évalué : il est évalué pour mieux apprendre » . L’évaluation est alors enchâssée dans l’apprentissage, elle est présente dans toutes les étapes du processus d’apprentissage et son but premier est d’aider les élèves à apprendre. Elle ne doit plus être considérée comme une entité distincte qui arrive en fin de parcours, mais plutôt comme une composante de l’apprentissage.

L’évaluation intégrée à l’apprentissage facilite la cueillette de données sur les apprentissages des élèves afin d’intervenir le plus rapidement et efficacement possible pour soutenir la progression de ces derniers. L’évaluation en aide à l’apprentissage permet en outre la régulation de la démarche d’apprentissage de l’élève et la régulation de la démarche pédagogique de l’enseignant.

Cette orientation constitue naturellement une dimension essentielle de la formation de base commune à l’éducation des adultes comme stipulé dans le programme sous la rubrique Une évaluation et une régulation au service de la réussite de l’adulte : « Elle (l’évaluation) a lieu à tous les moments du processus de formation de l’adulte, soit à l’entrée en formation (dans une perspective de diagnostic ou de reconnaissance des acquis en formation continue) pendant les apprentissages, tout au long de la formation et à la fin des apprentissages, en vue de la sanction des études. »

Les programmes de la formation de base diversifiée précisent aussi que le soutien personnalisé aux adultes s’appuie sur la politique d’évaluation des apprentissages et a pour objet la progression de l’adulte.

Outre la politique et les programmes, un autre document contribue à préciser le rôle de l’évaluation, c’est La formation à l’enseignement qui présente les 12 compétences professionnelles des enseignants. L’une d’entre elles porte sur l’évaluation : Évaluer la progression des apprentissages et le degré d’acquisition des compétences des élèves pour les contenus à faire apprendre .
Plusieurs outils existent pour développer des pratiques d’évaluation en aide à l’apprentissage. Il peut s’agir de l’utilisation d’un portfolio ou d’un dossier d’apprentissage qui permet de consigner et de conserver des traces et qui témoignent de la progression de l’adulte. Pour amener ces derniers à s’autoévaluer, les enseignants peuvent les inviter à rédiger des résumés de fin de chapitre, à utiliser des idéateurs ou des réseaux de concept, à compléter des grilles d’évaluation ou des listes de vérification. Pour permettre ce retour réflexif, les enseignants doivent initier les adultes au questionnement métacognitif, ce qui constitue un apprentissage en soi. La coévaluation est aussi une voie intéressante à explorer, c’est-à-dire amener les adultes à porter un regard sur le travail d’un pair. Toutefois, pour permettre ce type d’échange, il faut favoriser un climat de coopération et d’entraide en classe.

Les pratiques d’évaluation en aide à l’apprentissage représentent un défi de taille pour les intervenants en formation générale des adultes. Elles ne peuvent se limiter à l’accomplissement d’une tâche de mi ou fin de parcours, à l’administration d’une synthèse ou d’un pré-test calqué sur l’épreuve finale et à des rétroactions ponctuelles aux élèves dans leur processus d’apprentissage. Bien que ces pratiques permettent à l’élève de porter un regard périodique sur ses réalisations ou son cheminement, elles ne sont pas suffisantes pour favoriser une régulation rigoureuse. Car les rétroactions ne peuvent être communiquées uniquement pour les activités en cours ou pour le produit final attendu. Elles doivent être soutenues et viser entre autres les connaissances, les stratégies, les procédures et les démarches dans un contexte authentique et signifiant pour l’élève. De plus, pour que les activités d’évaluation soient réellement intégrées à l’apprentissage, elles doivent être planifiées à partir du programme de formation et non à partir des guides d’apprentissage ou de la définition du domaine d’évaluation.

L’évaluation en aide à l’apprentissage, dans une approche par compétence et dans une démarche de construction des savoirs, sera peut-être la clé pour se sortir de la logique « Pourquoi apprendre ça si ce n’est pas dans l’examen? ».

Vous trouverez ici la présentation utilisée pour soutenir la conférence.

Première partie: Introduction et croyances quant à l’évaluation

Également disponible sur le site ST@R en cliquant sur ce lien.

 

Deuxième partie: Quelques balises en évaluation

Également disponible sur le site ST@R en cliquant sur ce lien.

 

Troisième partie: Des outils pour évaluer en cours d’apprentissage

Également disponible sur le site ST@R en cliquant sur ce lien.

La présentation intégrale

Également disponible sur le site ST@R en cliquant sur ce lien.

La vidéo de conclusion :

M. Demers rend aussi disponibles plusieurs documents utiles en lien avec la conférence.


Étaient présents à cette conférence (14 h ou 15 h)

  • Patrick Beaupré, Montréal
  • Martine Dion, Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine
  • Raymonde Gauthier, Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine
  • Danielle Jacques, Chaudière-Appalaches
  • Claudine Jourdain, Côte-Nord
  • Micheline Labillois, Bas-Saint-Laurent
  • Sophie Lalonde, Montréal
  • Stéphane Lavoie, Montérégie
  • Claire Lecarpentier, Montréal
  • Sylvie Thorne, Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine

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